L’article suivant revient sur l’importance de revenir à Allah.
Article tiré du livre Les Clés du Bien – Éditions Muslimlife
Nous devons savoir qu’al-Fattâh[1] est Allah. Il est certes le Meilleur des juges.
Al-Fattâh est un des noms d’Allah. Il est donc obligatoire pour chaque musulman qui croit en Allah et en Ses noms parfaits, notamment Son nom al-Fattâh, de parfaire son culte et son adoration pour Lui, conformément à Sa parole[2] :
« C’est Allah qui possède les noms les plus sublimes. Invoquez-Le donc par ces noms. »[3]
Cette invocation par Ses noms, qu’on nous a ordonné de mettre en œuvre, concerne aussi bien l’invocation d’adoration que l’invocation de demande.[4]
L’invocation d’adoration consiste à comprendre le nom, connaître ses implications et confirmer l’attribut qu’il désigne. Par cela, le culte voué à Allah se concrétise, en conformité avec ce qu’implique la foi en ce nom.
On trouve deux fois le sublime nom d’Allah al-Fattâh dans le Coran :
Dans la parole d’Allah, lorsqu’Il cite l’invocation de Shu‘ayb :
« Ô notre Seigneur, tranche par la vérité, entre nous et notre peuple, car tu es le Meilleur des juges (al-Fattâh). »[5]
Dans Sa parole :
« Dis-leur encore : “Notre Seigneur nous rassemblera, puis tranchera en toute équité nos différends, Lui le Juge suprême (al-Fattâh), l’Omniscient.” »[6]
Son nom al-Fattâh implique l’affirmation de l’attribut d’Allah : al-Fath.
Cet attribut sublime contient des sens que les érudits ont évoqués : Il tranche entre ses serviteurs par Ses lois, Sa rétribution ou Ses décrets qu’Il a prédestinés. Allah a certes dit :
« Ce qu’Allah accorde en miséricorde aux gens, nul ne peut le retenir. Et ce qu’Il retient, nul ne peut l’accorder après Lui. C’est Lui le Puissant, le Sage. »[7]
Il est al-Fattâh !
Par conséquent, la première clé du bien consiste à revenir vers Allah, le Meilleur des juges, en le suppliant avec humilité et sincérité totale, désirant ainsi Sa grâce.
Certes, Allah ne rejette pas la demande d’un serviteur s’adressant à Lui. Il ne repousse pas le croyant désirant ce qu’Il détient, plein d’espoir en Lui.
Le succès tout entier vient d’Allah seul. Il te l’accorde par le savoir utile, les bonnes œuvres et les nobles caractères. Comme disaient certains pieux prédécesseurs : « Les nobles caractères sont des gratifications d’Allah. Si Allah aime Son serviteur, alors Il les lui accordera. »
C’est Allah qui a réparti les nobles caractères, les subsistances, les œuvres et les durées de vie entre Ses serviteurs. Absolument tout provient de Lui.
Telle est donc la première manière de devenir une clé du bien : revenir complètement vers Allah.
En effet, il t’est absolument impossible d’apprendre, de comprendre, d’accomplir une adoration ou tout autre chose, sans que ce soit Allah qui te le permette.
Quelle belle parole que celle prononcée par Mutarrif ibn ‘Abdullâh ibn al-Shikhkhîr[8] :
« Si on faisait sortir mon cœur de ma poitrine et qu’on l’installait à ma gauche, puis qu’on posait tout le bien à ma droite, j’aurais été incapable de placer une quelconque part de ce bien dans mon cœur sans qu’Allah le fasse. »[9]
En effet, toute affaire est entre les Mains d’Allah. Pour cette raison, il arrive qu’un homme entende des rappels très utiles pour sa religion, ainsi que pour sa vie d’ici-bas, qu’il écoute des paroles conduisant au bien, à la piété et à la réussite, mais que malgré cela son âme agisse à sa guise en ne fournissant que peu d’efforts.
Par conséquent, le succès entier est entre les Mains d’Allah, sans l’ombre d’un doute.
Il n’y a de force et de puissance qu’en Lui.
Article tiré du livre Les Clés du Bien – Éditions Muslimlife
Notes
[1] Note du traducteur : Il est possible de donner comme sens rapproché « le Meilleur des juges », bien que pour l’imam al-Sa‘dî et d’autres, c’est Celui qui tranche entre Ses serviteurs par Sa religion, par Ses rétributions (voir Tafsîr al-Sa’dî).
[2] Traduction rapprochée du sens des versets.
[3] Sourate 7 : al-A‘râf, verset 180.
[4] Note du traducteur : L’invocation de demande se fait par la langue. On invoque Allah par le nom qui convient à cette demande. Exemple : « Ô Très-Miséricordieux, fais-moi miséricorde ! » L’invocation d’adoration s’accomplit par les membres. On invoque en adorant Allah en fonction de Ses noms. Exemple : je m’abstiens de prononcer de mauvaises paroles, car je sais qu’Il est l’Audient (voir l’introduction d’al-Qawâ‘id al-muthlâ de shaykh al-‘Uthaymîn avec son explication).
[5] Sourate 7 : al-A‘râf, verset 89.
[6] Sourate 34 : Saba, verset 26.
[7] Sourate 35 : Le Créateur, verset 2.
[8] Note du traducteur : Il fait partie des savants parmi les pieux prédécesseurs.
[9] Voir Hilyat al-awliyâ’ (2/201) et Siyar a‘lam al-nubalâ’ (4/190).