Voici ce qu’explique le cheikh Ibn al-Qayyim sur la station de l’excellence.
Article tiré du livre Le Bonheur Véritable – Éditions Muslimlife
La station de l’excellence signifie être vigilant vis-à-vis d’Allah. Cela consiste à adorer Allah comme si tu Le voyais.
Cet état découle d’une foi complète en Allah, en Ses Noms et en Ses Attributs. Cela au point que c’est comme si tu pouvais Le voir au-dessus de Son Trône, au-dessus des cieux, administrant les affaires de la Création tout entière, émettant Ses commandements qui gouvernent le cosmos. Tout cela pendant que les œuvres et les âmes de Ses serviteurs Lui sont présentées.
Dans cet état, le serviteur croyant vit tout cela avec son cœur et ressent [l’expression de] Ses Attributs et Ses Noms.
Il voit [dans son cœur et son esprit] qu’Il est Celui qui subsiste par Lui-même, le Vivant, Celui qui entend tout, Celui qui voit tout, le Tout-Puissant, le Sage, le Roi qui a autorité sur toute chose, qui aime, déteste et est satisfait, qui se met en colère et accomplit tout ce qui Lui plaît de faire, qui décrète tout ce qu’Il veut tout en étant au-dessus de Son Trône.
Rien ni personne n’échappe à Son Savoir. En effet, Il sait ce qui trompe les yeux et ce que les poitrines cachent.
Cet état de pleine conscience constitue la base à partir de laquelle toutes les œuvres du cœur émanent, car il implique de devenir pudique (Al-Haya[1]) et prude (Al-Ijlal) vis-à-vis d’Allah. Il implique de se montrer respectueux envers Lui et de revenir (Al-Inabah[2]) vers Lui. De plus, il suscite l’amour d’Allah, la crainte de Lui, la pleine confiance en Lui, la soumission à Lui et incite à l’humilité.
Il met également fin à tous les susurrements (waswas) des diables, éloigne les doutes et pousse les cœurs et les âmes à se dévouer à Allah Seul.
La proximité d’un serviteur vis-à-vis de son Seigneur dépend de son degré d’excellence (Ihsan). En raison de cela, la récompense et le rang d’une prière diffèrent d’une prière à une autre. De même, la différence entre la prière d’une personne et celle d’une autre peut être telle la distance entre les cieux et la terre, bien que les deux accomplissent la prière de manière similaire.
Article tiré du livre Le Bonheur Véritable – Éditions Muslimlife
Notes
[1] Al-Haya : la pudeur. Ce mot dérive de « Hayat », la vie. En effet, c’est à travers la pudeur que le cœur reçoit la vie et que c’est par son manque qu’il meurt. Il s’agit d’un état qui se développe par :
- la conscience de l’observation d’Allah,
- le fait de L’aimer, de Le craindre et de Le vénérer,
- le fait qu’il ait une piètre opinion de lui-même.
[2] Al-Inabah : revenir. Ibn Al-Qayyim a dit dans « Madarij Al-Salikin » : « Al-Inabah est constitué de quatres éléments :
- l’amour d’Allah,
- la soumission à Lui,
- revenir à Lui
- et se détourner de tout ce qui est en dehors de Lui.
Le pénitent est ainsi celui qui remplit ces quatre éléments. Les explications des Salafs concernant ce mot tournent autour de cela. Ce mot porte aussi un sens de promptitude, de retour et de priorité. Ainsi le pénitent se précipite d’accomplir ce qui satisfait son Seigneur, revenant à Lui à chaque moment et mettant en priorité ce qu’Il aime. »