Dans le texte suivant, Ibn Qudâmah revient sur le désir de la rencontre d’Allah.
Article tiré du livre La Confiance en Allah – Éditions Muslimlife
Nous avons précédemment abordé la question de l’Amour d’Allah en mentionnant les références islamiques. Nous avons dit que le Désir de la Rencontre d’Allah est le résultat de cet Amour, car celui qui aime une chose s’y attache et la désire.
Le désir ne peut exister qu’envers une chose à laquelle nous n’avons que partiellement accès. On ne peut d’ailleurs s’attacher à ce qui n’est pas accessible. La vision est l’achèvement de l’accessibilité d’une chose. Or, la Vision d’Allah ne surviendra que dans l’au-delà.
Sache que le domaine de la connaissance divine n’a pas de fin. Chaque serviteur en reçoit une part qui lui est assignée, mais elle demeure infinie. Le connaisseur reconnaît cette réalité, ainsi que le fait que Seul Allah embrasse cette connaissance dans sa totalité.
Il sait également que son ignorance est plus grande que sa connaissance. Le serviteur continuera donc à désirer cette connaissance jusqu’à en acquérir la base. Cette soif de connaissance initiale ne trouvera sa satisfaction complète que dans la Vie Future, par ce qu’on appelle la Vision d’Allah. En effet, le cœur de celui qui désire la Connaissance d’Allah ne sera jamais comblé en ce monde.
Ibrâhîm ibn Adhâm comptait parmi les dévoués à Allah. Il L’invoqua un jour en disant : « Ô Seigneur, si Tu as accordé à un de ceux qui T’aiment ce qui apaise son âme, en attendant Ta Rencontre, alors accorde-le-moi également, car l’inquiétude m’agite. »
Ibrâhîm rapporte qu’après cela, il entendit Allah, Glorifié soit-Il, l’interpeller ainsi dans son sommeil :
« Ô Ibrâhîm, comment oses-tu me demander de t’accorder ce qui apaise ton âme avant Ma Rencontre ? Le cœur qui se languit du bien-aimé trouve-t-il repos avant de le rencontrer ? »
« Ô Seigneur ! » dit Ibrâhîm alors, « L’Amour que j’ai pour Toi a égaré ma raison et j’ai parlé à tort. »
Un tel désir ne sera apaisé que dans l’au-delà. En dehors de cela, ce qui relève de la connaissance d’Allah n’a pas de fin. Le serviteur n’en a pas une connaissance claire et ne peut entièrement Le cerner. Il est en fait préoccupé par les plaisirs apparents de ce monde. Les bienfaits et les jouissances terrestres ne cessent de grandir chez lui jusqu’à lui faire oublier le désir pour ce qui est au-delà. Ces quelques lumières de clairvoyance, citées ici, révèlent ce qu’est la réalité du Désir de la Rencontre d’Allah et sa signification.
Parmi les Textes confirmant la nécessité de ce Désir se trouve ce qui est rapporté du Messager d’Allah (paix sur lui). Il enseigna une invocation à un homme en l’encourageant à la répéter avec sa famille, tous les jours. Cette invocation est :
« Ô Allah je te demande la satisfaction face à Tes Décrets, le Bonheur de la Vie Future, le Plaisir de contempler Ton Visage, et le Désir de Ta Rencontre. »[1]
Dans la Torah, Allah, le Très-Haut, aurait dit :
« Le désir de Ma rencontre se prolonge pour les vertueux, mais Moi Je désire leur rencontre bien plus encore. »
Allah aurait révélé à un de Ses serviteurs :
« Parmi Mes serviteurs, il en est qui M’aiment et que J’aime. Je désire leur rencontre, et ils désirent la Mienne. Ils se souviennent de Moi, et Je me souviens d’eux. Si tu suis leurs pas, Je t’aimerai également, mais si tu t’écartes d’eux, Je te détesterai. »
Ce serviteur lui demanda alors :
« Ô Seigneur, comment les reconnaître ? »
Allah lui dit :
« Ils sont discrets, à l’image du berger bienveillant qui s’éloigne pour faire paître ses moutons. Ils attendent avec impatience la tombée de la nuit, comme l’oiseau attend le retour au nid le soir. Mais, lorsque la nuit les enveloppe et que l’obscurité tombe, que les couches sont étalées et que les amoureux sont dans leur intimité, ils se tiennent debout ou face contre terre. C’est alors qu’ils M’invoquent par Mes Paroles et s’humilient de gratitude pour Mes Bienfaits. Les uns s’écrient, les autres pleurent, les uns gémissent, les autres se plaignent. Ils sont debout, assis, inclinés ou prosternés. Par Ma Vue, ils endurent cela pour Moi, par Mon Ouïe, ils se plaignent par amour pour Moi. »
Article tiré du livre La Confiance en Allah – Éditions Muslimlife
Note
[1] Sahih Al-Jami‘.