La véritable nature de la sincérité

Sourate Al-Fatiha obligatoire

Comprendre la véritable nature de la sincérité est essentiel. C’est ce que détaille l’imam Ibn Qudâmah ici.

Article tiré du livre L’Examen de l’Âme – Éditions Muslimlife

Sache, qu’Allah te préserve, que toute chose peut être mélangée à une autre.

Le mot « sincérité » tire sa racine de ce qui reste pur, sans mélange à la moindre chose. Son contraire consiste à donner à Allah des associés. Par conséquent, celui qui n’est pas sincère envers Allah Lui a forcément associé autre que Lui, en sachant que cela comporte plusieurs degrés.

Être sincère en matière d’Unicité divine consiste donc à ne pas donner à Allah d’associés dans Sa divinité.

Il existe un polythéisme apparent et un polythéisme caché. Il en est de même pour la sincérité. Nous avons d’ailleurs démontré cela en mentionnant les différents degrés de l’ostentation, dans le chapitre s’y rapportant[1].

Dans ce qui suit, nous parlerons donc de l’adoration émanant d’un cœur sincère, désirant se rapprocher d’Allah, mais dans lequel viennent se mélanger soit de l’ostentation, soit un autre but, non louable religieusement, désiré par l’âme.

Nous pouvons citer plusieurs exemples : celui qui jeûne sincèrement pour Allah, mais avec également l’intention de faire un régime ; celui qui affranchit un esclave, non pas pour se rapprocher d’Allah, mais afin de s’alléger financièrement et en raison de son mauvais comportement ; celui qui effectue le pèlerinage dans le but de s’apaiser et de se divertir par le voyage, ou de s’éloigner d’un mal qui le menaçait ; celui qui combat, non pas sincèrement pour Allah, mais afin d’apprendre l’art de la guerre et ses rouages ; celui qui prie la nuit dans l’unique but de rester éveillé pour surveiller sa famille et sa monture ; ou encore celui qui apprend la science islamique, non pas pour se rapprocher d’Allah, mais dans l’unique but de gagner sa vie, ou par amour de la célébrité, etc.

Ainsi, si un autre but que celui de se rapprocher d’Allah vient se mélanger à une adoration quelconque, pour la rendre plus plaisante ou plus légère à accomplir, alors on ne considère plus celle-ci comme réalisée sincèrement pour Allah.

Néanmoins, il est extrêmement rare que l’être humain soit épargné de cela dans ses adorations ou dans ses actes.

C’est pourquoi on a dit :

« Celui qui a été dans sa vie, ne serait-ce qu’un instant, sincère envers Allah est sauvé. »

Cela s’explique par la difficulté d’être réellement sincère et d’avoir un cœur épargné de ce qui nuit à la sincérité.

Ainsi, la personne vraiment sincère envers Allah œuvre dans le seul et unique but de se rapprocher de Lui.

L'Examen de l'Âme - MuslimLife

On a dit à Sahl :

« Quelle est la chose la plus difficile pour l’âme ? »

Il a répondu :

« La sincérité, car l’âme n’y trouve aucun profit pour elle. »

Par ailleurs, sache, qu’Allah te fasse miséricorde, que ce qui diminue et atténue la sincérité se répartit en plusieurs degrés. Certains sont apparents, d’autres cachés, tout comme les degrés de l’ostentation mentionnés dans le chapitre s’y rapportant[2].

D’ailleurs, il existe un degré d’ostentation encore moins perceptible que les pas d’une fourmi ! Prenez-y donc garde !

Celui capable de faire la distinction, pendant une adoration qu’il effectue, entre le regard d’un être humain et celui d’un animal se dirigeant vers lui, n’est, à ce moment-là, plus considéré comme totalement sincère ni préservé des ruses du diable.

En résumé, ne sont réellement sincères que ceux qu’Allah a préservés et à qui Il a facilité.

On a même dit que deux unités de prière réalisées par un savant valent mieux que soixante-dix effectuées par un ignorant. En effet, le savant les réalise sincèrement pour Allah, en s’efforçant de les préserver de tout ce qui atténue leur degré. L’ignorant, lui, n’en effectue que l’aspect apparent, sans la profondeur de la sincérité. Un carat d’or agréé par un spécialiste vaut mieux qu’un dinar agréé par un inexpérimenté stupide.

Article tiré du livre L’Examen de l’Âme – Éditions Muslimlife

Notes

[1]Note de l’éditeur : voir La Vie d’Ici-Bas : Ses Bienfaits et Ses Dangers paru aux Éditions Muslimlife.

[2] Note de l’éditeur : voir « La Vie d’Ici-Bas : Ses Bienfaits et Ses Dangers » paru aux Éditions Muslimlife.

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