Ô toi que ton âme a soumis, domine tes désirs par le fouet des efforts et de la forte volonté. Lorsqu’elle prendra conscience du sérieux de ton objectif, elle se soumettra à tes ordres. Empêche-la d’assouvir ses désirs de choses licites, afin qu’elle accepte d’abandonner l’illicite. Si elle supporte de délaisser ce qui est permis, alors tu auras le choix de la « [libérer] gracieusement ou contre rançon »[1].
Article tiré du livre Les Graines de la Réforme – Éditions Muslimlife
Ce bas monde et Satan sont des ennemis venus te combattre, mais qui t’attendent à l’extérieur. Ton âme vile, en revanche, est ton ennemi intérieur. Elle possède donc une position plus avantageuse. Or, tu dois savoir que parmi les bienséances du jihad[2], il y a le fait de « [combattre] d’abord les plus proches de vous géographiquement »[3].
Donc, lorsque ton âme penche vers les désirs, les passions et les caprices, tu dois la restreindre avec les rênes de la piété. Lorsqu’elle néglige les actes d’adoration et d’obéissance, tu dois la discipliner avec le fouet de la lutte intérieure. Quand elle jouit de la boisson de l’insouciance et aime porter les vêtements de la paresse, crie sur elle avec la voix de la ferme détermination. Lorsqu’elle se voit à travers l’œil de l’arrogance, rappelle-lui sa vile origine.
Par Allah, si tu n’endures pas l’amertume du remède dans ta gorge, tu n’auras jamais ne serait-ce qu’une infime partie de ton corps en bonne santé.
Les troupes des désirs se sont installées en toi, fortifiant la forteresse de la lassitude et de la négligence. Alors, attaque avec les soldats de la piété, leurs épées de la forte volonté dégainées, et assaille leurs portes !
L’âme humaine est à l’image du chien insignifiant. Lorsqu’il est repu, il dort. Lorsqu’il est affamé, il a un regard lascif et remue sa queue.
On approche l’homme civilisé poliment, et le barbare grossier par la force.
L’un des pieux prédécesseurs marchait d’un pas alerte chaque fois qu’il réussissait à dompter ses désirs, comme un tireur d’élite qui ressent de la fierté lorsqu’il atteint sa cible.
Renforce ta volonté et tes efforts dans ta lutte contre ta personne, car dans ce combat, l’ennemi est toujours là, même s’il n’y a pas de guerre.
Le succès de la lutte de notre Prophète (paix sur lui) atteignit un si grand niveau que ses effets s’étendirent pour atteindre même ceux qui avaient montré de l’hostilité envers lui. Ainsi, le diable qui l’accompagnait embrassa l’Islam.
Ô Allah, guide-nous vers la soumission du diable qui nous accompagne, car il est le plus proche de nos ennemis et il exerce la plus grande influence sur nos âmes.
Ô toi, cesse de prêter attention à ton âme. Vole-lui ce qui peut te profiter plus tard, car la vie est très courte. Donc, plains-toi à Allah de l’injustice que ton âme te cause et recherche l’aide du Créateur pour obtenir la victoire sur elle. En effet, Il t’ordonne l’adoration et les efforts, alors que tu empruntes le chemin opposé.
Bien que tu te précipites à rejoindre le combat, tu ne choisis pas réellement de camp. Tu voudrais atteindre les rangs les plus nobles, mais tu n’as encore fait aucun pas sur l’escalier de l’effort et de la lutte ! Comment peux-tu attendre la récolte, alors que tu n’as semé aucune graine ?
Si le Prophète Joseph (paix sur lui) n’avait pas choisi :
« Je préfère, Seigneur, me retrouver en prison »[4]
Il n’en serait pas sorti pour rejoindre le confort de :
« C’est ainsi que Nous avons assis l’autorité de Joseph dans ce pays où il pouvait désormais s’installer là où il le désirait. »[5]
En effet, le voyage peut s’accélérer lorsque les ailes de la nuit se déploient, la richesse peut être obtenue après la souffrance, un visage peut devenir radieux après la pâleur.
Lorsque les croyants s’habituèrent à la droiture à travers la discipline, ils signèrent par cela un contrat avec Allah :
« Allah a acheté aux croyants leurs vies et leurs biens en échange du Paradis. »[6]
Cependant, tu dois savoir que l’âme n’est jamais contente à moins d’être satisfaite, car elle ressemble au chien rebelle. Donc, il convient de chercher un chien de chasse et non pas un chien errant.
Malheur à toi, les membres du corps sont à l’exemple des canaux qui conduisent l’eau vers les arbres. Si l’eau est impure, elle contaminera les fruits. Tu débutes la journée par le déchaînement de tes membres, en quête de divertissement et de distraction. Lorsque le temps de la prière débute, tu te plains à eux pour répondre à l’appel, mais ils ne te répondent jamais, car tu n’as pas été entraîné à cela. Comme est loin de la crainte et de l’humilité le membre que l’on n’a jamais éduqué et discipliné par :
« Dis aux croyants de baisser leur regard, de préserver leur chasteté et de dissimuler leurs parties intimes. »[7]
Comme est loin de la réflexion le cœur qui n’est pas secoué par la crainte de :
« Il connaît les secrets les mieux gardés et les pensées les plus intimes. »[8]
Article tiré du livre Les Graines de la Réforme – Éditions Muslimlife
Notes
[1] Sourate 47 : Muhammad, verset 4.
[2] Note du traducteur : c’est-à-dire le combat contre les désirs.
[3] Sourate 9 : Le Repentir, verset 123.
[4] Sourate 12 : Joseph, verset 33.
[5] Sourate 12 : Joseph, verset 56.
[6] Sourate 9 : Le Repentir, verset 111.
[7] Sourate 24 : La Lumière, verset 30.
[8] Sourate 20 : Ta-Ha, verset 7.